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Des femmes parlent de leur vie au travail chez le préfet à Amiens (Article paru le 08/03/2018 dans le Courrier Picard)

Le préfet a convié une quinzaine d’entre elles à un petit-déjeuner à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.
Thé ou café, viennoiseries et brochettes de fruits frais. Le préfet de la Somme, Philippe de Mester, a convié une quinzaine de femmes pour un petit-déjeuner à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, ce jeudi 8 mars, sur le thème de l’égalité professionnelle.
Dans la vague de la libération de la parole des victimes de violences sexistes du mouvement #MeToo, le témoignage le plus émouvant de ce traditionnel rendez-vous est venue d’une jeune apprentie en carrosserie peinture. Les larmes aux yeux, elle a confié avoir été victime de harcèlement de la part d’un de ses collègues.
« Pendant six mois, je n’ai rien osé dire. Il avait eu une promotion », a confié Mathilde Daniel. Elle a fini par tout révéler, soutenue par la majorité de ses 40 collègues hommes. « Ce n’était jamais assez bien, il y avait toujours une coulure à me reprocher ». Masculin, le milieu automobile ne lui a pas fait de cadeau. « Quand je cherchais un contrat d’apprentissage, beaucoup de portes se sont fermées. Parce qu’il fallait par exemple prévoir un aménagement des vestiaires. » La sœur de Mathilde voulait aussi travailler dans la mécanique, dans le milieu des courses automobiles. « Elle n’a pas tenu. »

« Elles sont mignonnes, jeunes et font des petits gâteaux dans leur cuisine »

Le monde de l’entreprise n’est pas toujours tendre avec les femmes. Jeunes diplômées, Jasmine et Flavie Seren-Rosso se « sont donné les moyens de leurs ambitions ». L’une a travaillé dans l’industrie du luxe, et l’autre a fait partie de plusieurs grandes entreprises de l’industrie à l’international. De retour à Amiens, les deux sœurs ont créé il y a deux ans, dans leur région natale, leur entreprise « de fabrication et de distribution de biscuits bio haut de gamme, sous forme d’une collection différente tous les mois grâce à un abonnement à une box ».
Installées à la Pépinière de la CCI à Boves, elles ont démarré la commercialisation de leurs biscuits The Boston club en janvier. « Nous entendons pourtant régulièrement lors de nos rendez-vous : elles sont mignonnes, jeunes et s’amusent à faire des petits gâteaux dans leur cuisine. » Les deux cheffes d’entreprise, qui ne sont pas que « jeunes et jolies », ambitionnent une unité de fabrication et de recruter une quarantaine de salariés d’ici cinq ans.
Les femmes seraient-elles moins ambitieuses que les hommes ? Très active pour la cause des femmes, Patricia Malterre, 57 ans, cogérante avec son mari des établissements Malterre à Moreuil, le constate. « La prise de risque est peut-être moins évidente chez les femmes », confie l’ancienne présidente du club Diane de la CCI, un réseau d’entraide pour les cheffes d’entreprise qui doivent jongler entre vie familiale et vie professionnelle.
« On ne fait jamais le reproche à un homme de délaisser sa famille », remarque d’ailleurs Anne-Sophie Haag, qui a fait le « choix » de travailler avec son mari, artisan chocolatier à Plachy-Buyon avant d’ouvrir une boutique, également à Amiens, il y a cinq ans.
Estelle Thiébault

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